Définition Procédés anti-tartre

Procédés qui empêchent la formation de dépôts de carbonate de calcium et de magnésium sur les surfaces au contact d’une eau dure.

Les phénomènes d’entartrage, sont dus aux dépôts calcaires constitués de carbonates de calcium et de magnésium dans les réseaux d’eau et ont des conséquences à la fois techniques (perte de pression et de débit, blocage des vannes et robinets) et économiques (remplacement des tuyaux et robinets, surconsommations en énergie, durée de vie des appareils ménagers), voire sanitaires (favorisant la présence d’un biofilm et/ou prolifération de microorganismes qui peuvent altérer la qualité microbiologique de l’eau). C’est pour ces raisons que l’installation d’un procédé anti-tartre est judicieux lorsque la dureté de l’eau est importante.

Dans le domaine qui nous concerne les procédés anti-tartre regroupent tous les procédés de traitement de l’eau qui, par une action physique, chimique ou physico-chimique, permettent d’éviter la formation du tartre définitivement, temporairement voire aléatoirement pour certains d’entre eux.

On distingue les procédés conventionnels et non-conventionnels :

 

Les procédés anti-tartre conventionnels :

Sont les procédés reconnus dont l’effet est mesurable (action sur le pH, le TH et/ou le TAC ou ajout de phosphates) et dont l’efficacité est reconnue par l’autorité compétente. Ils font partie de la liste des procédés autorisés à l’intérieur des bâtiments (circulaire du 28 mars 2000 et du 7 mai 1990) ou sont autorisés par le ministère de la santé sur avis de l’ANSES, ou disposent d’une attestation de conformité sanitaire (ACS) « produits et procédés de traitement ».

  • L’adoucissement de l’eau par échange d’ions – l’élimination durable et définitive du calcaire grâce à l’échange d’ions produisant une eau adoucie, qui non seulement ne dépose plus de tartre, mais améliore sensiblement l’action du savon, des produits lessiviels et détergents de sorte que l’on peut en utiliser moins et faire de réelles économies. Réduction mesurable de la dureté de l’eau (°F TH).
  • La dissolution de polyphosphates qui une fois dissous dans l’eau forment un film protecteur sur les particules solides préexistantes dans l’eau empêchant la cristallisation du calcaire et la corrosion des métaux. Ce sont des procédés qui ne suppriment pas le calcium de l’eau, qui ajoutent bien une espèce chimique supplémentaire à l’eau et qui ont une action antitartre. Pas de réduction de la dureté de l’eau.

 

Les procédés anti-tartre non-conventionnels :

Sont les autres procédés catalytiques, électrolytiques avec anode de zinc, magnétiques ou électromagnétiques et électriques. Ces procédés innovants ne font à ce jour pas l’objet d’une procédure spécifique d’autorisation pour leur mise sur le marché et l’ANSES recommande qu’ils soient soumis à une évaluation de leur innocuité et de leur efficacité et que le responsable de la mise sur le marché dispose des preuves d’innocuité et d’efficacité et y faire référence dans la fiche technique et/ou la notice du procédé.

  • Traitements magnétiques et électromagnétiques de l’eau sont basés sur la création d’un champ magnétique généré par un aimant permanent (à l’intérieur ou à l’extérieur de lacanalisation) ou un électro-aimant (à l’extérieur de la canalisation). Ces procédés ne modifient pas la chimie de l’eau et leur efficacité est difficile à mesurer et très variable d’un site à un autre. Aucune publication scientifique fournissant des informations sur l’efficacité en conditions réelles n’a été identifiée.
  • Les procédés dits « électriques » créent des courants permettant une électrolyse de l’eau. Ils utilisent le principe de la décarbonatation par voie électrolytique, étape de traitement approuvée et utilisée pour la production d’eau destinée à la consommation humaine (EDCH). En réseau intérieur, ce même principe est utilisé mais avec pour effet la génération de micro-germes de carbonates de calcium entraînés dans le flux d’eau sans modification mesurable des concentrations en calcium et en hydrogénocarbonates et du pH de l’eau. Ce procédé utilisé en réseau intérieur est considérécomme « non conventionnel » qui ne réduit pas la dureté de l’eau.
  • Procédés anti-tartre utilisant la cavitation :
    La cavitation est la formation et/ou l’expansion, suite à des baisses locales de pression, de cavités et de bulles de gaz et/ou de vapeur d’eau dans un liquide. La cavitation peut être couplée à des procédés électrolytiques avec anode de zinc, magnétiques ou électromagnétiques.
  • Procédé anti-tartre catalytique : Ce procédé utilise des résines dites « catalytiques » qui sont des résines échangeuses de cations faiblement acides. L’utilisation de résine possédant à la fois une matrice polymérique acrylique et des groupements fonctionnels carboxyliques permettrait d’obtenir majoritairement des cristaux d’aragonite (connus pour être moins adhérents sur les surfaces, faiblement adhérents entre eux et pouvant rester longtemps en solution) et diminuerait ainsi le dépôt de tartre. La dureté de l’eau reste inchangée.
  • Procédé par électrolyse avec anode de zinc utilisant le principe de la corrosion galvanique permettant la dissolution de du zinc dans la solution pour influencer la cristallisation du tartre. Couplés à la cavitation, ces procédés produisent soit des turbulences qui auraient un effet sur la précipitation du tartre par élimination de gaz dissous (bulles de gaz), soit des bulles de vapeur d’eau qui modifieraient la précipitation du tartre à leur proximité et créeraient, par leur implosion à proximité des parois, des micro-jets et ondes de choc ayant une action mécanique sur le tartre et les canalisations.
  • Procédé par injection de CO2 acidifiant l’eau. Le CO2 se dissout dans l’eau et forme de l’acide carbonique conduisant à un déplacement de l’équilibre carbonique et à une diminution du pH de l’eau. L’abaissement du pH diminue le caractère incrustant de l’eau et ainsi le potentiel de précipitation du tartre. L’eau peut même devenir agressive et dissoudre des dépôts existants. Si l’acidification par injection de CO2 est une étape de traitement approuvée pour la production d’EDCH, elle est toutefois considérée comme non conventionnelle en réseau intérieur du fait que la maitrise du risque de rendre l’eau trop agressive n’est pas garantie dans les conditions d’utilisation en réseaux intérieurs. Le CES « EAUX » préconise que ce procédé ne soit pas autorisé.