L’eau est naturellement plus ou moins calcaire en fonction de la nature des sols qu’elle traverse.

Une eau naturellement calcaire

Une eau calcaire est dite aussi eau calcareuse ou eau dure. Il s’agit d’une eau naturellement chargée en magnésium et en calcium dissous. L’eau qui arrive à nos robinets en contient plus ou moins naturellement, selon la géologie du terrain par lequel elle passe avant d’arriver jusqu’à nous. Les eaux souterraines, notamment, issues des nappes phréatiques, vont contenir plus de calcaire. Notons d’ailleurs que le magnésium et le calcium font partie des quelques 150 composants que l’on peut trouver dans cette eau.

Un sol crayeux traversé par l’eau, par exemple, va avoir pour conséquence une eau plus calcaire que sur d’autres terrains. A contrario, un sol granitique tel qu’on le trouve dans le Massif Central ou en Bretagne, donnera une eau dite douce, c’est-à-dire peu chargée en calcium et magnésium.

 

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D’autres facteurs de l’eau calcaire

Si la nature des sols environnants est le facteur principal déterminant la dureté de l’eau, d’autres éléments entrent en ligne de compte. Ainsi, tout simplement la pluie : hors des nuages, l’eau de pluie va subir la pollution atmosphérique. Elle se charge alors (plus ou moins) en acide carbonique au contact du gaz carbonique, ce qui, par dissolution, renforce la dureté de l’eau si le sol est naturellement calcaire puisque celui-ci va « neutraliser » l’acide carbonique.

A l’inverse, un sol composé de grès ou de sable va maintenir en l’état cet acide carbonique et rendre l’eau, non pas calcaire, mais acide ; cela modifie alors le pH de l’eau. Sachant que 63% de l’alimentation en eau en France est d’origine souterraine – les grandes villes sont, elles, plutôt alimentées par des eaux de surface (rivières, fleuves…), la pollution des nappes phréatiques constitue également un élément déterminant. En effet, les pesticides, nitrates et autres polluants obligent à creuser de plus en plus profondément. L’eau, pour arriver jusqu’à nos robinets, devra traverser des couches géologiques supplémentaires, se chargeant de minéraux au fur et à mesure, notamment si le sol est calcaire.

L’eau calcaire en chiffres

La mesure qui va déterminer la dureté de l’eau est le titre hydrotimétrique, ou TH. Il s’exprime chez nous en degrés français, symbolisés par l’abréviation °f. Un degré français représente 4 milligrammes de calcium dissous par litre d’eau et 2,4 milligrammes de magnésium, toujours par litre d’eau.

L’échelle de valeurs est la suivante :

  • A un seuil inférieur à 15 °f, l’eau est considérée comme douce. Il s’agit de l’eau telle qu’elle est distribuée en Bretagne, dans le centre de la France, mais aussi la Corse, les Pyrénées-Atlantiques et les Hautes-Pyrénées, ainsi qu’à l’Est les Vosges et la Haute-Saône.
  • Entre 15 et 30 °f, l’eau est dite dure. Les plaines des Pays de Loire, la Bourgogne, les Savoie, l’Alsace, le Rhône, l’Ardèche, les Bouches-du-Rhône, tout comme des départements comme la Gironde, les Landes, la Haute-Garonne ou encore l’Eure-et-Loir bénéficie d’une eau dure.
  • De 30 à 40 °f, l’eau est considérée comme très dure ; c’est ici que l’on commence à rencontrer de sérieux problèmes d’eau calcaire, plus précisément dans tout le bassin parisien, la Picardie, en Drôme et en Provence ou dans les Pyrénées catalanes.
  • Au-delà de 40 °f, l’eau extrêmement dure nécessite un traitement particulier. Les départements concernés sont le Nord, le Pas-de-Calais, l’Oise, la Moselle, l’Isère, les Alpes-Maritimes et l’Hérault.

 

Pour aller plus loin : mesurer la dureté de son eau